Plan de trésorerie sur 12 mois : méthode et exemple

Un plan de trésorerie prévisionnel sur 12 mois indique, mois par mois, l’argent qui devrait entrer, celui qui devrait sortir et le solde disponible. Pour qu’il soit utile, il faut enregistrer chaque flux à sa date probable d’encaissement ou de paiement, puis comparer le prévisionnel au réel au moins une fois par mois.

A retenir

Le chiffre d’affaires facturé ne correspond pas au cash encaissé. Le tableau se construit en TTC et selon les dates de règlement. Le solde de fin d’un mois devient le solde de départ du suivant. Une hypothèse basse permet de voir le trou de trésorerie avant qu’il ne bloque l’entreprise.

À quoi sert un plan de trésorerie sur 12 mois ?

Ce tableau répond à une question très terre à terre : l’entreprise aura-t-elle assez d’argent disponible pour payer ses échéances ? Une activité rentable peut manquer de cash si ses clients règlent à 60 jours alors que les salaires, le loyer et les fournisseurs partent avant.

L’horizon de 12 mois fait apparaître la saisonnalité, les échéances fiscales, les remboursements d’emprunt et les investissements ponctuels. Bpifrance Création définit d’ailleurs le plan de trésorerie comme une projection mensuelle des entrées et sorties, généralement sur les 12 premiers mois.

Il ne faut pas le confondre avec le compte de résultat. Celui-ci mesure des produits et des charges. Le plan suit uniquement des mouvements d’argent attendus. Pour relier ce pilotage au bilan, la lecture de la trésorerie disponible complète utilement le tableau.

Construire le tableau sans décaler les flux

Créez une colonne par mois, de janvier à décembre, et quatre blocs : solde initial, encaissements, décaissements et solde final. Pour une entreprise déjà active, partez des relevés bancaires, du grand livre clients et fournisseurs, des échéanciers sociaux et fiscaux ainsi que des emprunts en cours.

Lister les encaissements au mois du paiement

Ventilez les règlements clients selon leurs dates probables, pas selon les dates de facture. Ajoutez les apports en compte courant, subventions, remboursements de TVA, emprunts débloqués ou cessions d’actifs lorsqu’ils sont suffisamment certains.

Exemple : une prestation de 12 000 € TTC facturée le 20 mars avec paiement à 30 jours apparaît en avril. Si l’expérience montre que ce client règle plutôt à 45 jours, mai est l’hypothèse prudente. Ce décalage change immédiatement le point bas du tableau.

Placer les décaissements à leur vraie échéance

Recensez les achats, loyers, abonnements, salaires nets, cotisations sociales, TVA, impôts, assurances, mensualités d’emprunt et investissements. Les montants soumis à TVA sont suivis en TTC, puisque c’est bien le TTC qui passe sur le compte bancaire.

Le calendrier fiscal dépend du régime de l’entreprise. La page officielle Déclarer et payer la TVA permet de vérifier le fonctionnement applicable. Pour engager l’entreprise sur une date ou un montant, faites valider l’échéancier par l’expert-comptable.

Ligne Moment à retenir Erreur fréquente
Ventes Mois du règlement client Utiliser le mois de facturation
Achats Mois du paiement fournisseur Raisonner uniquement en hors taxes
TVA et cotisations Échéance réellement applicable Lisser la charge sur l’année
Emprunt Chaque prélèvement prévu Oublier le remboursement du capital
Investissement Date du décaissement Le confondre avec son amortissement

Calculer le solde mois par mois

La mécanique tient en deux formules. Le flux net mensuel correspond aux encaissements moins les décaissements. Le solde final correspond au solde initial augmenté du flux net du mois. Ce solde final est repris comme solde initial du mois suivant.

Prenons une petite agence qui démarre janvier avec 18 000 € en banque. Elle encaisse 28 000 € et décaisse 31 000 € en janvier : le solde final tombe à 15 000 €. En février, elle encaisse 24 000 € et sort 33 000 € : elle termine à 6 000 €.

En mars, 30 000 € doivent entrer pour 38 000 € de sorties, dont une échéance annuelle d’assurance et un acompte fournisseur. Le solde devient négatif de 2 000 €. Le besoin n’est donc pas de 8 000 €, montant du déficit mensuel, mais d’au moins 2 000 € pour revenir à zéro. En pratique, une marge de sécurité reste préférable.

Tester trois hypothèses plutôt qu’un seul chiffre

Un prévisionnel unique donne une fausse impression de précision. Conservez un scénario central, puis dupliquez-le avec une version basse et une version haute. La version basse peut combiner 10 % de ventes en moins et 15 jours de retard supplémentaires sur les règlements clients.

  • Scénario central : carnet de commandes et délais habituels.
  • Scénario bas : encaissements retardés, activité plus faible, dépense imprévue.
  • Scénario haut : ventes supérieures, sans accélérer artificiellement les paiements.

Regardez surtout le solde cumulé le plus bas, le mois où il survient et le nombre de mois nécessaires pour remonter. Vous obtenez alors le montant et le calendrier du besoin à traiter, plutôt qu’une vague alerte sur la trésorerie.

Mettre à jour le plan et agir avant le point bas

À la fin de chaque mois, remplacez les prévisions par les encaissements et décaissements réellement constatés. Décalez les factures non réglées, ajoutez les nouvelles commandes et faites glisser l’horizon pour conserver en permanence 12 mois de visibilité.

Si un solde négatif apparaît dans quatre mois, commencez par vérifier les dates et les dépenses reportables sans risque. Travaillez ensuite les acomptes clients, les relances, les délais fournisseurs et le niveau des stocks. Une tension liée au poste clients ne se traite pas comme une perte structurelle.

Un financement court terme peut compléter ces actions : découvert, escompte, affacturage ou cession Dailly selon la nature du besoin. Présentez à la banque le tableau actualisé, les hypothèses et les justificatifs. Plus la discussion démarre tôt, plus les options restent ouvertes.

Le plan sert à préparer une décision, pas à remplacer un diagnostic personnalisé. Avant de négocier un financement, reporter une dette ou modifier une échéance fiscale ou sociale, faites valider les conséquences par votre expert-comptable et, selon le sujet, votre banque ou votre avocat.